Correspondances

Cours articulé de mathématiques · IV

Correspondances

Du corps de classes au programme de Langlands

William de France

Pourquoi des objets arithmétiques et des objets analytiques parlent-ils la même langue ? Des corps de nombres au programme de Langlands, suivre les correspondances qui organisent la recherche contemporaine.

37 chapitres667 pages de coursPremière édition
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Votre point de départ

Entrer dans les idées de la recherche arithmétique et géométrique.

Avant d’ouvrir ce volume

Algèbre, analyse et géométrie du volume III ; les rappels accompagnent les transitions.

Le texte distingue les résultats établis, les constructions sous hypothèses et les perspectives de recherche. Il se lit avec ses rappels et ses renvois.

Le parcours de la preuve de 2024

Une partie entière suit le Langlands géométrique : énoncé et portée du théorème, construction du foncteur, étapes de réduction et multiplicité un.

Les outils avant les correspondances

Corps locaux, formes automorphes, schémas, faisceaux et catégories préparent progressivement le langage nécessaire.

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Volume IV : du corps de classes au programme de Langlands · 7 min 58 s

Langue du film

y² + y = x³ − x² : compter ses solutions modulo 2, 3, 5 et 7 donne 5, 5, 5, 10. Rien, dans ces nombres, ne ressemble à une loi. Pourtant, ils se retrouvent, exactement, dans une fonction. Présentation du volume IV du Cours articulé de mathématiques : pour qui, la carte (huit parties, trente-sept chapitres, deux cent trente-huit articles), les quatre idées qui tiennent l’ensemble, des comptages sur une courbe rapprochés d’une série modulaire, comment travailler le volume, et ce qui fait la différence.

Dans le livre : avant-propos et passerelle « De la maîtrise au doctorat » du volume IV ; articles 073, 075, 087, 089, 092, 185 et 190 ; fin du chapitre 13.

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Des comptages sans loi

Voici une équation. y au carré plus y égale x au cube moins x au carré. Comptons ses solutions modulo deux, trois, cinq et sept, en ajoutant un point à l’infini : cinq, cinq, cinq, dix. Rien, dans ces nombres, ne ressemble à une loi. Pourtant, ces comptages se retrouvent, un à un, dans une fonction qui ne parle pas d’équations. Ce volume raconte pourquoi. Cours articulé de mathématiques. Volume quatre : du corps de classes au programme de Langlands.

Pour qui, et jusqu’où

Le quatrième volume fait une promesse. Une même équation peut être lue par ses solutions, par ses symétries, ou par les fonctions qui en enregistrent les traces. Le programme de Langlands demande comment passer de l’une à l’autre sans perdre les opérations qui leur donnent un sens. Ce volume suit cette question depuis les corps de nombres jusqu’à la correspondance géométrique, et au parcours de sa preuve de 2024. Il s’adresse à qui veut comprendre comment les domaines se relient, puis retrouver dans les sources les constructions et les preuves complètes. Il suppose les acquis du volume trois : la théorie de Galois, l’analyse fonctionnelle et la géométrie différentielle. Et il nomme le vrai changement. Jusqu’ici, chaque branche avait sa langue : les limites, les groupes, les variétés. Ce volume raconte une découverte : ces langues sont des dialectes d’une même grammaire. Avec le volume cinq, il ouvre le niveau de la recherche.

La carte du volume

Voici la carte. Huit parties. Trente-sept chapitres. Deux cent trente-huit articles, six cent soixante-sept pages. L’arithmétique, d’abord : corps de nombres, nombres p adiques, adèles, réciprocité. Les formes : modulaires, fonctions L, groupes duaux, représentations automorphes. Les courbes : de la géométrie arithmétique à la modularité, aux variétés de Shimura et aux motifs. Le versant géométrique : modules différentiels, fibrés sur les courbes, catégories dérivées, puis le théorème et le parcours de sa preuve. Et un dernier chapitre qui ouvre vers la physique, par les charges, les lignes et les branes.

Quatre idées

Quatre idées tiennent l’ensemble. La première : regarder localement pour comprendre globalement. La réciprocité dit comment les lectures d’un nombre, modulo chaque premier, se répondent, et le volume trois en donnait déjà un premier cas. La deuxième : passer aux symétries. Au volume trois, Galois lisait dans une équation le groupe de ses symétries. Ici, on étudie les représentations de ce groupe, et celles du groupe G L deux. Chaque groupe reçoit alors un groupe dual. La troisième : les fonctions L, qui enregistrent les traces. La fonction zêta de Riemann, croisée au volume trois, en est le premier exemple. Chaque fonction L est un dictionnaire. La quatrième : changer d’objets. Le théorème géométrique identifie alors deux catégories entières. Mais le livre garde la mesure : le théorème géométrique de Rham non ramifié n’est pas la résolution de tout le programme arithmétique. Et un fil court sous les quatre : des objets familiers reviennent avec de nouvelles fonctions. Racine de deux, vue dès le volume un, et le corps qu’elle engendre. La courbe y au carré égale x au cube moins x, et le groupe G L deux, annoncé au volume deux.

Compter, puis reconnaître

Revenons à notre équation. Pour apprendre à compter, prenons d’abord une courbe plus simple, celle que la collection annonce depuis le volume un : y au carré égale x au cube moins x. Modulo cinq, il n’y a que cinq abscisses possibles : zéro, un, deux, trois, quatre. Pour chacune, on cherche les ordonnées qui conviennent. On en trouve un, un, deux, deux, un. Sept points, plus le point à l’infini : huit. On retient l’écart à cinq plus un : cinq plus un moins huit, soit moins deux. Modulo trois, on trouve quatre points : l’écart est nul. Il l’est chaque fois que le premier est de la forme quatre k plus trois : une régularité que le livre démontre, et qui se voit dans les comptages. Revenons à l’équation du début. Ses écarts, pour deux, trois, cinq et sept, valent moins deux, moins un, un, et moins deux. Écrivons maintenant, sans rien compter, un produit de fonctions êta, et développons-le en série. On obtient q, moins deux q carré, moins q cube, plus deux q puissance quatre, plus q puissance cinq, plus deux q puissance six, moins deux q puissance sept. Les coefficients d’indices deux, trois, cinq et sept sont exactement les écarts trouvés. Que cette série soit une forme modulaire, le livre l’admet. Quatre coefficients qui coïncident ne prouvent rien. Ce qui les garantit tous, pour cette courbe, c’est la modularité. Et que chaque courbe sur les rationnels se retrouve ainsi est le théorème de modularité, dont le dernier théorème de Fermat est une conséquence. Rapprocher des noms ne construit pas une correspondance. Il faut que les opérations suivent, avec leurs compatibilités, et leurs preuves.

Travailler le volume

Comment travailler ce volume ? L’article reste l’unité de lecture : une question, une construction, un exemple calculé, et son interprétation. Chaque chapitre se termine par des lectures complémentaires, qui orientent vers les sources, et par des questions de recherche : prolonger un calcul, éprouver une distinction, situer une conjecture. Elles ne sont pas toutes des problèmes ouverts : chacune donne au lecteur une opération à poursuivre. Le chapitre treize, celui des courbes elliptiques, se clôt sur la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer : le rang de la courbe devrait être l’ordre d’annulation de sa fonction L en un. Au rythme d’un article par jour, le volume se parcourt en huit mois environ.

Ce qui fait la différence

Ce qui fait la différence tient en quelques règles. Un article, une question. Les hypothèses et les normalisations restent dans les énoncés. Un résultat difficile est dit admis quand l’article en explique le rôle. Et le volume existe en français comme en anglais. « La grammaire par laquelle la réalité se compose n’est pas achevée. Ce que l’on en sait, ce que l’on en devine, et ce qu’il reste à découvrir, c’est l’objet de ce volume. »

À retenir

Ce qu’il faut retenir. Volume quatre : du corps de classes au programme de Langlands. Huit parties, deux cent trente-huit articles, un parcours de la preuve de 2024. Et des comptages sur une courbe qui se retrouvent, exactement, dans une fonction. Le volume quatre s’ouvre gratuitement : l’ouverture, la table des matières et le chapitre un en entier. Le lien est dans la description.

Travailler avec le cours

Comment travailler avec ce cours.

Articles, exercices, méthodes et compagnons : des films pour accompagner votre lecture. Sans compte, en français et en anglais.

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Le parcours du volume

Sommaire

8 parties · 37 chapitres
I Réciprocité et langage arithmétique5 chapitres
  1. 1 Corps de nombres et anneaux d'entiers
  2. 2 Corps locaux et nombres p-adiques
  3. 3 Adèles et idèles
  4. 4 Réciprocité et théorie du corps de classes
  5. 5 Représentations galoisiennes : exemples et questions
II Formes, symétries et représentations automorphes5 chapitres
  1. 6 Demi-plan, groupes modulaires et courbes modulaires
  2. 7 Formes modulaires et opérateurs de Hecke
  3. 8 Fonctions L et premiers dictionnaires
  4. 9 Groupes réductifs et groupe dual
  5. 10 Formes et représentations automorphes
III Géométrie arithmétique et premiers grands théorèmes7 chapitres
  1. 11 Variétés et courbes algébriques
  2. 12 Schémas, faisceaux et familles
  3. 13 Courbes elliptiques et arithmétique
  4. 14 Variétés abéliennes, dualité et modules de Tate
  5. 15 Cohomologie étale et théorèmes de Weil
  6. 16 Modularité, déformations et Fermat
  7. 17 Périodes, valeurs spéciales et arithmétique des formes
IV Correspondances arithmétiques : méthodes et réalisations4 chapitres
  1. 18 Analyse harmonique et correspondances locales
  2. 19 Formules des traces et endoscopie
  3. 20 Fonctorialité : résultats et programme
  4. 21 Corps de fonctions, chtoucas et théorèmes de Langlands
V Approfondissements arithmétiques3 chapitres
  1. 22 Variétés de Shimura
  2. 23 Motifs, correspondances et fonctions L motiviques
  3. 24 Géométrie p-adique et correspondances locales contemporaines
VI Les outils du Langlands géométrique4 chapitres
  1. 25 Modules différentiels et Riemann–Hilbert
  2. 26 Fibrés sur les courbes et champ Bun G
  3. 27 Systèmes locaux, fibrés de Higgs et Hitchin
  4. 28 Catégories dérivées, ind-cohérents et support singulier
VII Langlands géométrique et parcours de la preuve de 20248 chapitres
  1. 29 Du classique au géométrique : le cas abélien
  2. 30 Hecke géométrique, grassmannienne affine et Satake
  3. 31 Le théorème de Langlands géométrique : énoncé et portée
  4. 32 Construction du foncteur et normalisation de Whittaker
  5. 33 Localisation de Kac–Moody et équivalence locale fondamentale
  6. 34 Eisenstein, termes constants et récurrence sur les Levi
  7. 35 Ambidextérité et réduction du problème d'équivalence
  8. 36 Multiplicité un et achèvement de la preuve
VIII Passage vers la physique1 chapitres
  1. 37 Correspondances et dualités : passage vers la physique

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V. Physique mathématique